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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 20:08

Nous notons cet article dans Le Monde du Dimanche 18 Novembre 2012 Page deux   

  

Le " Versailles du cheval " ne veut pas de décharge

 

Vu du ciel et de Google Earth, le site où doit ouvrir, au premier trimestre 2013, le centre de tri et de stockage de résidus de broyage automobile et de déchets d'activités économiques de Nonant-le-Pin (Orne), est entouré d'étranges figures évoquant des pistes d'athlétisme. Il s'agit en réalité des nombreuses pistes d'entraînement pour chevaux que compte cette région d'élevage, dont le fleuron, distant de quelques kilomètres, est le haras national du Pin.

 

" Nous sommes dans une région de terres d'excellence pour l'élevage des chevaux de course ", rappelle Noëlle Sandoz, présidente de l'association Nonant Environnement, opposée au projet de l'entreprise normande Guy Dauphin Environnement (GDE). Des projets de traitement de déchets contestés par des riverains, il en existe des dizaines en France. Mais celui-ci éveille un écho particulier. Thierry Ardisson, qui possède une propriété à proximité, a rejoint les rangs des opposants, qui ont aussi reçu la visite de Jean-Vincent Placé, le président du groupe écologiste au Sénat, dont la mère est originaire de la région.

 

Scénario catastrophe

 

" Autant dire que la décharge GDE s'installe au coeur du Versailles du cheval ", s'insurgent Nonant Environnement et Sauvegarde des terres d'élevage, les deux associations qui devaient remettre vendredi 16 novembre au préfet de l'Orne une étude d'impact économique du projet de centre de stockage, réalisée par un cabinet parisien de conseil en stratégie et de lobbying.

 

Ce document n'hésite pas à présenter un scénario catastrophe : " Emissions d'odeurs nauséabondes ou de fumées ", production agricole locale rendue impropre à la consommation, retrait par leurs propriétaires des chevaux confiés aux haras situés à proximité, désertion des touristes : le coût estimé pour la région pourrait atteindre alors plus de 1,2 milliard d'euros sur les dix-sept années de durée d'exploitation du site ! "On va devenir la poubelle de l'Orne ", affirme Noëlle Sandoz, qui s'inquiète autant des risques de pollution que de dégradation de l'image de la région.

 

Ce n'est pas l'avis de GDE, qui rappelle que sa plate-forme fait appel aux dernières technologies disponibles, que les résidus de broyage et les déchets non recyclables seront placés dans des casiers étanches enterrés et que, si elle a choisi ce site, c'est en raison de " la nature des sols, dotés d'une couche argileuse d'une épaisseur exceptionnelle de plus de cent mètres ".

 

Le précédent préfet avait pourtant refusé, en 2010, d'autoriser l'exploitation du centre de stockage, invoquant notamment " l'atteinte au patrimoine naturel, culturel, historique, environnant ", ainsi que " l'impact négatif sur la filière équine de ce type d'installation ". Mais sa décision a été annulée, en février 2011, par le tribunal administratif de Caen.

 

Faute d'avoir pu se faire entendre par la justice, les opposants au projet tentent aujourd'hui de gagner la bataille de l'opinion. Ce qui ne réjouit guère le maire de Nonant-le-Pin, Jacques Queudeville, qui craint que l'image de sa région et de son village de 600 habitants soit déjà écornée par ce tapage. " Cette affaire m'embête un peu ", soupire-t-il.

 

Gilles van Kote

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Published by ARDIMEA
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